Des yeux et des bras de jeunes pour les non-voyants à NeuillyLe 11 août dernier, un groupe un peu hétéroclite composé de 17 adultes non-voyants, d’autant de jeunes « accompagnateurs » et d’un aumônier s’envolait pour le Brésil. Agés de 16 à 80 ans, ils allaient vivre ensemble pendant 12 jours, en suivant un parcours étudié pour eux par « Nouvelles Frontières ». A l’origine du projet : Gaston Boudry et son association « Accueil Ile-de-France » (9 rue du Château 92200 Neuilly) D’inspiration catholique mais résolument ouverte à tous, l’association « Accueil Ile-de-France » a été créée, il y a 20 ans, par Gaston Boudry, avec l’aide d’anciens de Sainte-Croix de Neuilly. Aujourd’hui, elle regroupe 200 aveugles auxquels elle propose des voyages lointains, grâce à un partenariat avec des jeunes. En communion de découverte « Les voyages, nous a dit Philippe Delaunay (Conférences Saint-Vincent de Paul de la paroisse Saint-Jean-Baptiste, dont Gaston est un membre assidu depuis 40 ans !), bénéficient à la fois aux non-voyants, qui ont souvent un problème de solitude, et aux jeunes de tous milieux, dont certains sont tirés de la rue. » Le Père Yves de la Noë (Notre-Dame de Malakoff) est un témoin fidèle en tant qu’aumônier depuis 25 ans, un rôle qu’il qualifie de « simple présence discrète et attentive, compte tenu du brassage culturel ». On trouve de tout dans le groupe, catholiques, protestants, musulmans, bouddhistes, agnostiques... mais presque la moitié du groupe a assisté aux deux messes qu’il a célébrées au Brésil. On se découvre et les portes s’ouvrent, dit-il, et pour lui, le fruit des voyages, c’est « un vivre ensemble entre deux groupes qui ne sont pas “face-à-face” mais en communion dans la rencontre avec un nouveau monde, avec ses merveilles et ses problèmes ». Qui aide l’autre ? Pour Gaston, qui a 75 ans et songe à la mise en place d’un jeune pour le remplacer, toute préparation de voyage est difficile, ne serait-ce que le bouclage du budget et le renouvellement des accompagnateurs. « Notre formule de financement, explique-t-il, nous permet, à nous aveugles, d’aider les jeunes à voyager. Parfois, j’ai à entrer dans les problèmes de familles très défavorisées. Mais le Bon Dieu m’aide toujours, ainsi que la Sainte Vierge, et tout est arrangé pour le départ ». Et il ajoute, « C’est le miracle de l’amitié ; ce dernier voyage a été le meilleur de tous car les deux groupes se sont bien mêlés. On restait parfois tous ensemble jusqu’à minuit. Le plus difficile, ajoute-t-il, c’est de bien témoigner de sa foi. La charité, elle, se montre par notre attitude. » Anne Viry |