Accueillir la différence, un mystère d’Amour :
Dossier réalisé par Séverine Jahan.
C’est en écho aux premières Assises Nationales de la Pastorale de la Santé sur le thème : « Dignité de l’homme, Chemin de Vie »
à Lourdes,
du 13 au 15 novembre
prochain, que nous avons choisi d’aller à la rencontre
des personnes handicapées dans les Hauts-de-Seine.
Chemin de vie,
chemin de foi…
Des familles,
des professionnels du monde médico-social
et du système éducatif,
des laïcs au service de
l’Église ont mis en lumière cette Espérance :
la personne handicapée nous rapproche de nos propres limites et nous entraîne
dans le mystère de Dieu ou encore dans un mystère d’Amour.
Dieu se révèle dans la vulnérabilité
Paul a un handicap qui le rend parfois insupportable. Il me questionne ainsi : « Je suis difficile mais est-ce que tu restes mon ami ? ». Au fond, j’ai presque la même question : « suis-je aimable comme je suis, ou faut-il que je mérite cet amour ? ». Car à la différence de Paul, je peux me cacher derrière mes succès. Ca m’est devenu un chemin de libération. L’amitié avec la personne handicapée est toujours une rencontre qui transforme.
La personne handicapée révèle que nous sommes faits pour la communion. Dans le récit de la création, Adam a tout, mais il n’est pas heureux. Dieu lui donne Eve, il se réjouit enfin. La joie commence quand l’autre lui est donnée. Se donner, se recevoir, telle est notre vocation commune. Antoine est polyhandicapé, très fragile. Les jeunes qui l’accompagnent témoignent qu’il leur donne vie ! Antoine, si inefficace, est fécond ! Il n’a rien d’autre à donner que lui-même, et il a besoin qu’on lui donne l’essentiel, notre présence, notre temps. Plus je suis vulnérable, plus je suis disponible pour le don, et révéler ainsi que la seule vraie richesse qui compte, c’est l’autre.
Or je peux me laisser encombrer par de fausses richesses. Le jeune homme riche dans l’Évangile est attiré par Jésus. Mais il a de grands biens, et il repart, triste. Ses grands biens sont une fausse richesse, qui le coupent de Jésus, seule vraie richesse. Tant de fausses richesses peuvent nous couper de l’autre. On a besoin d’être proches de personnes vulnérables comme Antoine, qui vont toujours nous rappeler l’essentiel, la communion. Si nous ne vivons pas de ce don, nous serons tristes.
Un petit garçon trisomique fait sa première communion. Un ami dit à sa maman : « Dommage qu’il n’ait rien compris ! ». Devant la tristesse de la maman, le petit garçon s’exclame : « Ne t’en fais pas maman, Dieu m’aime comme je suis ». La personne handicapée a une grande capacité de Dieu, car Dieu se donne dans sa fragilité. D’une certaine manière, on ne peut comprendre l’Église et les sacrements qu’à travers le regard des plus fragiles. Saint Paul le dit : « C’est quand je suis faible que je suis fort ». C’est alors que je peux accueillir l’autre et m’ouvrir à la communion.
Jésus vivait avec des personnes handicapées. Il n’aimait pas le handicap, il guérissait sans cesse. Mais il aimait profondément les personnes. Jésus va plus loin : « Si tu donnes un festin, invite les estropiés, les aveugles, les boiteux, et tu seras heureux ». Une promesse de bonheur. Les personnes handicapées humanisent et évangélisent. Elles disent le visage de Dieu qui se donne à nous, lui-même fragile, Dieu de la crèche, du lavement des pieds, de la croix.
Reconnaître sa propre fragilité, c’est laisser place au don de l’autre, au don de Jésus. Laissons-nous enseigner sur cette voie par les personnes handicapées, pour découvrir ensemble les sources du bonheur partagé !
Philippe de Lachapelle
directeur
de l’Office chrétien des personnes handicapées
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Des familles témoignent...
Laure Bottineau, Asnières :
Cécile est née le 15 juillet 2008, elle est
notre cinquième enfant.
A chaque début de grossesse, la question d’une malformation ou d’un handicap me venait à l’esprit. Pourtant, pour Cécile, lorsque mon médecin m’a dit, lors de la première échographie, que la nuque du bébé était un peu trop épaisse, ce qui est un des signes de la trisomie 21, j’ai accueilli cette nouvelle calmement, presque comme si je m’y attendais. Jamais je ne me suis posé la question : « pourquoi nous ? » ; je me disais au contraire : « pourquoi pas nous ? ». Malgré nos inquiétudes, nous ne voulions pas faire de différence pour ce bébé : nous avions attendu les quatre autres dans la joie, celui-là aussi.
Le mystère de la souffrance ne peut se comprendre que par le mystère de la Croix du Christ et les épreuves de la vie doivent être confiées à Dieu : « Jésus, nous t’offrons le handicap de notre bébé ».
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