Célibat non choisi : oser l’espérance
De plus en plus nombreux,
les célibataires ont conscience de former une catégorie
dévalorisée par rapport aux couples et aux familles, tant d’un point de vue politique, économique et social qu’ecclésial.
Le célibat, comme le veuvage
et le divorce (même si celui-ci se généralise), place les personnes en marge d’une norme sociale implicite. Pourtant, dans le christianisme, le célibat cesse d’être une fatalité subie pour renvoyer à l’unique vocation de chacun (indépendante de l’état de vie) : celle de fils ou fille de Dieu.
La personne seule doit oser croire que le Seigneur a un projet de bonheur pour elle, un projet unique. En mettant ainsi sa confiance en Dieu, elle pourra trouver sa propre « fécondité ».
De “vrais” célibataires en recherche de sens
Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas être mariés et à vivre seuls. Pourtant, bon nombre de « vrais » célibataires aspirent sincèrement au mariage. Un phénomène dont les explications sont à la fois collectives et individuelles.
« Jusqu’à 28-29 ans, je ne me suis pas inquiétée, j’étais comme toutes mes copines ; à partir de 32-33 ans, j’ai vraiment commencé à flipper ; à 36-37 ans, j’étais désespérée et j’en voulais à la terre entière ; j’ai maintenant 42 ans et je me suis fait une raison... » Celle qui parle - appelons-la Céline - est une jeune femme souriante, jolie, en bonne santé, ouverte aux autres, ayant une profession intéressante, un salaire correct et un appartement agréable... Elle a apparemment tout pour être heureuse. Tout ? Non, pas vraiment. Elle n’a pas « d’homme dans sa vie », comme le disent les magazines féminins. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir cherché, essayé, espéré, prié...
On compte aujourd’hui près de 4 millions de « vrais » célibataires comme Céline - non engagés dans une relation privilégiée et sans enfant(1). Ces célibataires habitent surtout dans les grandes agglomérations : rien qu’à Paris, on en compterait 310 000. Parmi eux, les sociologues ont pris l’habitude de distinguer un « célibat d’attente », concernant 1,5 million d’hommes et de femmes de moins de 40 ans, et un « célibat définitif » pour 2,5 millions de personnes de plus de 40 ans. Le célibat d’attente regroupe ceux qui n’ont pas encore rencontré l’âme sœur et qui, selon leurs convictions ou leur foi, essaient, tant bien que mal, de vivre cette attente dans la chasteté et la continence. Attente qui se prolonge de plus en plus, puisque l’âge moyen du mariage est aujourd’hui de 28,5 ans pour les femmes et de 30,5 ans pour les hommes(2). Ces célibataires savent souvent tisser de solides réseaux amicaux en s’investissant dans divers domaines sportifs, culturels, associatifs et ecclésiaux. Cela ne les empêche pas toutefois de se ressentir injustement exclus d’un certain bonheur et de souffrir de leur solitude. Généralement, autour de 45 ans pour les femmes et de 50 ans pour les hommes, ce “célibat d’attente” devient, aux yeux de l’entourage, “célibat définitif”. Il en est qui, à un moment, ont délibérément “choisi” leur célibat non consacré, en lui donnant un sens et un but : accomplir une œuvre (littéraire, artistique…), se dévouer à une cause humanitaire... Autant de célibataires chrétiens (tels Jean-Marie Pelt ou Michaël Lonsdale) qui occupent une place sociale et professionnelle de premier plan et dont la vie est particulièrement riche et féconde. Les autres vivent des réalités diverses et cherchent à donner du sens à leur situation. « Les célibataires sont aux avant-postes de la recherche de sens » avait l’habitude de dire le jésuite Michel Bureau qui fut l’un des premiers, en France, à animer des retraites pour célibataires.
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Un phénomène révélateur
des bouleversements de notre société
On a beaucoup écrit sur les causes de cette augmentation du nombre de célibataires : prolongement de la durée des études et de la vie chez les parents ; chômage et précarité du travail ; éclatement des réseaux de voisinage et disparition des traditionnelles occasions de rencontre ; poussée de l’individualisme et désir de réalisation de soi ; dévalorisation du lien conjugal et difficulté à s’engager dans la durée ; déficit de confiance et complexification des relations ; perte des repères identitaires et mutation des rôles masculins et féminins...
Cet accroissement du nombre de célibataires serait donc révélateur des bouleversements de notre société. À commencer par celui de la « libération des mœurs » : il est significatif de constater que le début de l’augmentation du célibat coïncide avec celui de l’accès massif à la contraception, à la fin des années 1960. « En séparant la sexualité de la procréation, a écrit Évelyne Sullerot dans Quels pères ? Quels fils ? (Fayard, 1992), les hommes et les femmes ne se sont pas rendu compte qu’ils s’éloignaient de ce vers quoi ils tendaient : l’amour qui dure. » Alors que le « vrai » célibataire, surtout s’il adhère à des valeurs de fidélité et de responsabilité, espère s’engager dans la durée.
Chez les plus jeunes,
une réelle difficulté à aimer
Quant aux plus jeunes, parfois allergiques à tout engagement, ils représentent ce que Louis Roussel appelle, dans La Famille, état des savoirs (Odile Jacob, 1989), les « moi flottant » qui se mettent ensemble « comme ça », au gré des circonstances, et qui se séparent aussi « comme ça ». Ils ont appris à être autonomes et efficaces, mais semblent confrontés à une réelle difficulté à aimer. « Nos systèmes éducatifs occidentaux coupent les jeunes de leur propre cœur, explique Jean Vanier. Les valeurs de l’intelligence et de l’action ainsi coupées du cœur sont exercées dans le seul but de s’affirmer, de se prouver. Le cœur qui n’est pas éduqué s’endurcit pour se protéger de la relation et ce durcissement amène à blesser l’autre. Le cœur, comme l’esprit, a besoin d’être éduqué dans le sens du respect et du service de l’autre. »
Ces jeunes célibataires ne seraient-ils pas alors les premières « victimes » de toute une éducation ? Alors qu’ils désirent sincèrement « tomber amoureux » et se marier, ils n’ont guère appris la tendresse, la patience, la délicatesse… Autant de qualités indispensables à l’amour dans la durée.
Claire Lesegretain,
journaliste à « La Croix »
et auteur de « Être ou ne pas être célibataire »
aux Éditions Saint-Paul
(1) En s’en tenant à la définition d’état civil du célibat, c’est-à-dire « ne pas être et n’avoir jamais été marié », les statistiques en France (recensement de 1999) font état de 12 millions de célibataires de plus de 20 ans, dont 6,6 millions d’hommes et 5,4 millions de femmes, correspondant à une multiplicité de situations.
(2)La probabilité pour une femme de rester définitivement célibataire est aujourd’hui de 50% alors qu’elle n’était que de 8% en 1970.
Accueillir les célibataires : un bienfait pour eux comme pour ceux qui les accueillent
« A elles toutes [les personnes célibataires] il faut ouvrir les portes des foyers, “Églises domestiques” et de la grande famille qu’est l’Église. » Cette injonction du Catéchisme de l’Église Catholique devrait être entendue comme un appel pressant à accueillir les célibataires qui peuvent être de merveilleux témoins de l’Amour de Dieu.
Accueillir les célibataires est une nécessité. Mais que faut-il entendre, au juste, par « célibataires » ? Il s’agit de ceux qui espèrent que demain verra la réalisation de leur vocation ; ou de ceux qui n’espèrent plus, fatigués de ce provisoire qui a basculé dans la durée ; de ceux qui vivent aujourd’hui une situation qu’ils n’ont pas choisie ; de ceux qui, avec leur quart de baguette et leur quiche solo, rentrent seuls, dînent seuls, dorment seuls. « Il y en a qui vivent leur situation dans l’esprit des béatitudes, servant Dieu et le prochain de façon exemplaire(1) ». De fait, bien des célibataires suscitent l’admiration par leur disponibilité aux autres, leur humilité sur eux-mêmes, leur ouverture au bonheur, leur confiance inébranlable en Dieu, leur fidélité dans le combat de la chasteté(2).
Parfois malmenés affectivement, ils doivent pouvoir trouver auprès de leur famille et de leurs amis une présence bienveillante ; ils méritent que l’on considère leur vie comme riche et réussie même s’ils ne sont pas mariés ou pas encore, qu’on les traite à égalité avec les personnes mariées lorsqu’on les invite, qu’on ne leur laisse pas assumer seuls le soutien des parents âgés, qu’on n’oublie pas leur cadeau de Noël : on leur montre ainsi qu’on les aime pour eux-mêmes. Un grand bienfait aussi pour eux est l’affection, la connivence que leur témoignent si spontanément les enfants : un baume sur leur cœur parce qu’ils se sentent « choisis ».
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200 célibataires accueillis
à Saint-Pierre de Neuilly
L’engagement fréquent et précieux des célibataires au service de l’Église trouve bon accueil. Pourtant, à la messe dominicale, ils ressentent parfois la solitude. Des attentions toutes simples adouciraient sans doute ce sentiment : on pourrait par exemple commencer par donner la paix aux personnes seules avant d’embrasser toute sa famille, ou leur faire un signe en quittant sa place… Mais, pour aller plus loin dans l’accueil, les couples peuvent organiser avec eux, dans leur paroisse, un repas et un temps de réflexion : cela s’est fait le 18 novembre, à Saint-Pierre de Neuilly, pour quelque deux cents célibataires. Ils ont été touchés qu’une paroisse fasse quelque chose pour eux et ils ont aimé cette journée ; tant pour l’organisation matérielle (décoration, accueil, service) menée par des couples et des célibataires et pour les gâteaux mitonnés par de nombreux paroissiens, que pour les exposés des pères Brouwet et Dedieu, et les ateliers : la nourriture spirituelle n’a pas manqué.
Une nourriture spirituelle spécifique
Car les célibataires doivent pouvoir trouver dans leur paroisse ou dans des lieux d’Église une nourriture spirituelle spécifique. Les aider, par un enseignement adapté, à vivre leur situation, ne les enferme pas dans leur état présent ; bien au contraire, cela ouvre le cœur et peut favoriser la découverte de la perle rare. Pour « tenir le coup » surtout, ils doivent être soutenus dans leur vie chrétienne de célibataires ; ils ont besoin qu’on leur montre comment Dieu les regarde, d’une manière si différente de celle du monde ; ils doivent entendre que leur pauvreté d’aujourd’hui, affective, sociale, leur impression d’être oubliés du Ciel, tout cela est la voie - peu importe qu’elle soit momentanée ou non -, de la première béatitude (Mt 5, 1) ; ils doivent savoir qu’ils ont une grâce puissante d’intercession (Ps 69, 34), trésor pour l’Église.
Le puissant témoignage des célibataires
Mais les bienfaits de l’accueil ne se déversent pas seulement sur les célibataires. Dans les familles d’abord, les célibataires apportent bien souvent un vent de légèreté, de liberté, d’ouverture. Et puis surtout, lorsqu’ils vivent chrétiennement ce célibat, ils témoignent à ceux qui veulent bien y être attentifs, de vérités essentielles. Pour expliquer leur joie paisible, malgré la souffrance, on est renvoyé à l’Hôte intérieur. Leur chasteté, malgré les pressions, malgré la solitude qu’ils n’ont pas voulue, invite les mariés et les consacrés à rester fidèles à leurs engagements. Pauvres de désirs non réalisés aujourd’hui, ils rappellent assez radicalement la vocation de tout baptisé : se laisser combler par Dieu, dans l’instant présent, et porter du fruit, quel que soit son état de vie. Ainsi, les méandres de leur vie irriguent bien des terres et offrent un merveilleux paysage pour Qui regarde du Ciel…
Dominique de Monléon Cabaret,
paroissienne de Saint-Pierre de Neuilly et auteur de « Dieu ne m’a pas oublié »
Éditions Saint-Paul
(1) CEC ibidem.
(2) Bien sûr, certains points de cet article sont vrais aussi pour les veufs/veuves et les divorcés/ées.
Les célibataires proches du cœur de Jésus
« Il faut encore faire mémoire de certaines
personnes qui sont, à cause des conditions concrètes dans lesquelles elles doivent vivre - et souvent sans l’avoir voulu - particulièrement proches du cœur de Jésus et qui méritent donc affection et sollicitude empressée de l’Église et notamment des pasteurs : le grand nombre de personnes célibataires. Beaucoup d’entre elles restent sans famille humaine, souvent à cause des conditions de pauvreté.
Il y en a qui vivent leur situation dans l’esprit des béatitudes, servant Dieu et le prochain de façon exemplaire.
A elles toutes il faut ouvrir les portes des foyers, “Églises domestiques”, et de la grande famille qu’est l’Église. Personne n’est sans famille en ce monde : l’Église est la maison et la famille de tous, en particulier de ceux qui “peinent et ploient sous le fardeau”
(Mt 11, 28). » (Catéchisme de l’Église Catholique , art. 1658)
Une vie donnée de simple laïque
Célibataire, Anne-Marie se convertit à 50 ans.
La rencontre de Dieu l’amènera à concevoir son célibat comme une façon de vivre son baptême - simple laïque toute donnée au monde. Témoignage.
« Le choix d’une vie donnée à Dieu dans le célibat ne se fait pas toujours dans la jeunesse. Il est même le plus souvent le fruit d’un assez long cheminement de solitude, que celle-ci soit subie ou voulue. Dans mon cas, c’est une conversion à 50 ans qui m’a menée vers ce choix.
Dès le moment éblouissant de la rencontre de Dieu, j’ai voulu tout lui donner. J’ai dû pour cela rompre des amarres - ce qui ne se fait pas aisément - et affronter une nouvelle solitude : celle de l’emprise de Dieu dans une vie. Je croyais être appelée à la vie monastique mais, après quelques années, j’ai compris en lisant Madeleine Delbrêl qu’il n’était pas nécessaire de se retirer du monde pour appartenir entièrement et uniquement au Christ. Une vie ordinaire de simple laïque pouvait le permettre sans autres signes ou vœux que ceux du baptême. Le célibat, comme le mariage, pouvait être un chemin d’amour dépossédé de soi dans une disponibilité à Dieu et aux frères et sœurs qu’il me donnait.
Le choix d’un célibat offert m’a menée de découverte en découverte. J’ai compris qu’il ne pouvait être vécu de façon heureuse que dans un esprit de pauvreté, d’humilité et d’oubli de soi. J’ai découvert aussi son sens et sa fécondité apostoliques. « La solitude que Dieu nous donne si magnanimement, disait Madeleine Delbrêl à ses compagnes, est une sorte de sacrement pour le monde, l’une des plus profondes fissures qui, à travers nous, permette au Seigneur et à sa rédemption d’infiltrer la terre. » « Le célibat, disait de son côté Frère Roger de Taizé, ce sont deux bras qui s’ouvrent sur le monde et ne se referment pas. » A l’image de ceux du Christ. »
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Pour aller plus loin :
Aux éditions Saint-Paul :
• Être ou ne pas être célibataire, Claire Lesegretain (1998, 352 pages).
• Célibataires, osez le mariage, Pascal Ide (1999, 240 pages).
• Dieu ne m’a pas oublié, Dominique de Monléon (2001, 84 pages).
Et aussi :
• Le courage d’être chaste, Benedict Groeschel, éd. des Béatitudes, 142 pages.
• Célibats et célibataires, dossier de Claire Lesegretain dans Croire aujourd’hui, décembre 1996.
• La femme seule et le prince charmant : Enquête sur la vie en solo, Jean-Claude Kaufmann (Livre de Poche, 2004).
• Célibataire aujourd’hui, Odile Lamourere (Éditions de l’Homme, 2003).
• Cherche désespérément l’homme de ma vie.
Le regard d’un psy sur la solitude des femmes d’aujourd’hui, Sylvie Tenenbaum (Albin Michel, 2004).
• Langages d’amour des solos, Gary Chapman et Sonia Artiguebert (Éditions Farel, 2005).
Des initiatives sur notre diocèse
• Jeudi 10 avril, paroisse Saint-Pierre de Neuilly, soirée d’adoration :
19h messe dite pour les célibataires, à la Chapelle Haute de l’église (entrée côté bd Jean Mermoz).
19h45 pique nique, salle Sainte-Élisabeth, suivi d’un temps libre d’adoration eucharistique à la Chapelle Haute.v
22h fin de l’exposition du Saint Sacrement.
• Dimanche 8 juin, paroisse Saint-Pierre de Neuilly, en fin d’après-midi : enseignement, partage en petits groupes, apéritif.
Renseignements à partir du 2 mai à la paroisse. Tél. : 01 46 43 98 00.
Sessions et retraites
• Au Domaine de Chadenac, Ceyssac (43) :
Week-end du 10 au 13 avril (enseignements et échanges avec le père Luc Ravel).
Vacances du 6 au 12 juillet, du 16 au 23 août, du 23 au 30 août (randonnées, visites culturelles, animations spirituelles, enseignement, échanges, animations sportives - dans un cadre exceptionnel avec piscine, tennis, golf).
Tél. : 04 71 09 27 62.
chadenac43.free.fr
• A Paray-le-Monial (71) avec la Communauté de l’Emmanuel :
Session 25-35 ans du 10 au 14 juillet
pour jeunes couples ou célibataires,
Parcours célibataires du 26 au 31 juillet
Tél : 03 85 81 56 00.
www.paray.org
Week-ends et sessions pour célibataires animés par Claire Lesegretain,
Journaliste à « La Croix » et auteur de « Être ou ne pas être célibataire ».
Célibataire, quel avenir ?
du mercredi 30 avril (19h) au dimanche 4 mai (15h)
A Fleur des Neiges, maison spirituelle des Religieuses de l’Assomption
287 chemin des Granges d’Orsin
74170 Saint-Gervais-les-Bains.
Tél. : 04 50 93 41 96.
assomption.fleurdesneiges@wanadoo.fr
Donner sens à son célibat
du vendredi 30 mai (19h) au dimanche 1er juin (17h)
Au centre spirituel jésuite de Manrèse
5 rue Fauveau 92140 Clamart.
Tél. : 01 45 29 98 60.
accueil@manrese.com
Célibataire, et alors ?
du vendredi 28 (19h) au dimanche
30 novembre (17h)
Au centre spirituel ignatien du Hautmont
31 rue Mirabeau BP 19
59420 Mouvaux.
Tél. : 03 20 26 09 61.
hautmont@nordnet.fr
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