Père Anglarès, curé de Saint-Adrien à Courbevoie et responsable du secteur pastoral de la Défense (92)
« Nous sommes à la disposition de tous »
La nouvelle église Saint-Adrien va être consacrée par Mgr Daucourt, évêque de Nanterre, le 20 juin. Pourquoi était-il nécessaire d’agrandir l’ancienne ?

- St Adrien avant les travaux.
En 25 ans, les habitants du quartier sont passés de 6 000 à 25 000. Même
s’il y a peu de pratiquants réguliers, une église de 200 places était beaucoup trop petite. Pour les célébrations, comme celle des Rameaux, ou à l’occasion des baptêmes – qui se déroulent toujours durant la messe - le monde « débordait » dehors. La nouvelle permettra d’accueillir environ 380 participants. De plus, une salle d’au moins 60 places y est accolée, séparée par des cloisons mobiles vitrées.
Mais au-delà de l’aspect pratique, nous voulons faire de ce lieu un lieu de rencontre en invitant les paroissiens à se réunir. Nous envisageons, une fois par trimestre, d’organiser « un dimanche pas comme les autres ». Nous

- Tabernacle
convierons les futurs mariés, baptisés, enfants du catéchisme et leurs parents, les voisins… à une journée de réflexion avec un repas et une célébration. Être un lieu de rencontre, également, en mettant les locaux à la disposition d’associations chrétiennes ou non. Il y a dans la ville très peu de commerçants et, à part la maison de la culture et les écoles, d’endroits où le brassage des générations peut s’opérer. Nous sommes à la disposition de tous ceux qui éprouvent le désir et le besoin de se connaître, de parler. Nous jouons ainsi notre rôle de lien social. Une église dans la ville se doit d’être présente dans son quartier.
Nous pourrons également « inviter » les étudiants dans nos murs si le besoin s’en fait sentir. Plusieurs grandes écoles (une antenne de l’Essec, Dauphine, la faculté de droit et une école commerciale de l’Institut catholique de Lille et bien d’autres) se sont installées à La Défense toute proche et Notre-Dame-de-Pentecôte commence à être trop petite pour toutes les activités qui s’y déroulent. Par ailleurs, nous sommes situés tout près du pôle universitaire Léonard-de-Vinci.
Enfin, nous voulons également développer l’action caritative. Le Secours catholique intervient déjà mais il y a beaucoup à faire. Si une partie de la population de Courbevoie est riche, il y a aussi des îlots de pauvreté.
De quels locaux disposerez-vous ?
D’abord des locaux d’accueil propres et conviviaux. Avant, tout était

- Intérieur
vraiment triste et délabré dans un quartier flambant neuf. L’ensemble sera simple mais au diapason du quartier. La pauvreté n’est pas contraire à l’évangile mais la misère, oui. L’ancienne église est transformée en bureaux. Autour et en dessous de la nouvelle, il y aura cinq salles (une très grande de
200 m2 environ et quatre autres plus petites), des bureaux et toutes les commodités nécessaires aux normes handicapés (cuisine, WC, débarras…).
Comment sont financés les travaux ?
Nous avons reçu à ce jour environ 40 000 euros donnés par les habitants de Courbevoie. Malheureusement, parallèlement le denier de l’église a baissé de 13 000 euros. La plus grosse part provient d’un don de 2 250 000 euros accordé par la Sepsac (Société d’Entraide Pour Saint-Adrien de Courbevoie). Le diocèse nous a accordé un prêt à taux zéro de 270 000 euros que nous devons rembourser sur cinq ans. La paroisse doit verser 380 000 euros et les Chantiers du Cardinal nous ont donné 100 000 pour la construction du clocher qui accueillera trois cloches.
Comment s’appellent les cloches qui résonneront bientôt dans ce clocher ?
Anne-Marie, Nathalie et Cécile-Marguerite. Anne-Marie est le nom de la cloche qui se trouvait déjà dans l’ancien clocher. Les deux autres ont été offertes par les paroissiens et fondues par Paccard à Sévrier près d’Annecy. Leurs noms ont été choisis après consultation des habitants. Nathalie était la femme d’Adrien, elle-aussi martyre. Cécile est le prénom de la mère du père Roger Jau, le premier curé à s’être préoccupé de l’agrandissement de l’église, il y a une vingtaine d’années ; Marguerite, celui de la mère du curé actuel, votre serviteur. D’où le nom de la 3e cloche : Cécile-Marguerite.
Article issu des Chantiers du Cardinal de mars 2010, N°189.
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