L’instruction "Dignitas Personae"
Dignitas personaeEn décembre dernier, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rendu
Cette instruction dit un double « oui ». « Oui », comme son nom l’indique, à la dignité de la personne humaine et à son respect. Une dignité reconnue à tout être humain depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Le texte ne se prononce pas sur la question de savoir si l’embryon est déjà une personne. Mais il demande de reconnaître les droits de la personne humaine - en particulier le droit à la vie - à l’être humain dès sa conception. C’est une dignité qui ne dépend ni d’un projet parental, ni d’une condition sociale, ni d’un stade particulier de croissance physique, ni de critères de beauté, de santé, d’intelligence ou d’intégrité physique : la personne est appelée à être aimée pour elle-même. Et si cela est compréhensible par tous à la lumière de la raison, la Révélation chrétienne explique le fondement ultime de cette dignité : la personne humaine est créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il y a également, dans cette Instruction, un « oui » à la recherche scientifique. Car ce texte est une réponse à des questions qui ont été posées par des familles, des chercheurs, des médecins à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et à l’Académie Pontificale pour la Vie. Il y a là le fruit d’un travail de plusieurs années avec des scientifiques. Par une collaboration et un dialogue constant, l’Église a le souci d’accompagner la recherche. La méthode a été de “décortiquer” des procédés techniques pour chercher à comprendre s’ils étaient conformes à la dignité de la personne. En effet, on ne peut pallier la stérilité ou proposer des thérapies à n’importe quel prix : une fin bonne ne justifie pas l’emploi de n’importe quel moyen. L’instruction est ainsi un véritable encouragement aux recherches sur le traitement de l’infertilité, aux techniques qui peuvent aider (et non se substituer) à la procréation, à la prévention de la stérilité, à l’adoption des enfants orphelins. Elle montre aussi comment la thérapie génique sur les cellules somatiques (non reproductives) est une chance et combien l’utilisation thérapeutique des cellules souches adultes est prometteuse. Mais l’Instruction permet aussi d’éclairer nos consciences en montrant ce qu’il y a d’atteinte à la dignité de la personne lorsqu’elle est, par exemple, conçue in vitro, en laboratoire, et soumise ainsi, dès sa conception même, à des critères d’efficacité technique. Elle montre ce qu’il y a de contraire à la dignité de la personne lorsque l’embryon est congelé et exposé ainsi à un danger de mort ou à une altération de son intégrité physique ; lorsque l’embryon est éliminé pour ne pas courir les risques liés à une grossesse multiple ; lorsque l’embryon est utilisé comme un simple matériau pour la recherche quand les cellules souches sont prélevées sur lui, le condamnant à une mort certaine ; lorsque l’embryon est sélectionné à partir du diagnostic préimplantatoire. Alors que la France se prépare à la révision des lois de bioéthique, l’instruction Dignitas personae, peut nous aider à mieux comprendre les enjeux de ces lois ; ou plutôt son enjeu principal : le respect de la dignité de toute personne humaine. + Nicolas Brouwet, |