Diocèse de Nanterre
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Juillet 2009

 Paroles de néophytes
Cette année, 128 catéchumènes âgés de 18 à 80 ans ont reçu les sacrements de l’initiation chrétienne -baptême, confirmation et eucharistie. Environ 160 adultes baptisés dans l’enfance ont été confirmés. Leur témoignage nous dit la liberté, la prévenance et la patience de l’Esprit. Il nous dit aussi l’importance des personnes rencontrées tout au long du cheminement, qui ne sauront peut-être jamais le rôle décisif de leurs paroles, de leur regard ou de leur engagement. Il nous redit enfin l’importance de l’accueil « à toute heure » dans nos communautés, un accueil qui est aussi proposition.

Confirmation d'adultes lors de la Vigile de PentecôteMartine, 49 ans, baptisée cette année

Je suis née en France dans une famille de confession musulmane. Nous étions sept enfants et nous vivions très modestement, dans le climat difficile provoqué par la guerre d’Algérie. Ma mère nous disait toujours de ne pas en vouloir à ceux qui nous insultaient.
Mes parents avaient de très bonnes relations avec les Sœurs qui habitaient en bas de l’immeuble. Nous avions la chance de participer aux activités du patronage et même parfois au cours de catéchisme. Cela nous réconfortait et nous nous sentions vraiment aimés. Il n’y avait pas de différence avec les autres. Elles nous avaient adoptés et je ne peux que les remercier encore et encore. Elles m’ont transmis l’amour du Christ et j’ai grandi avec cet amour. Devenue adulte, j’ai traversé une période de grande souffrance et de solitude. C’est alors que Jésus est revenu dans ma vie. Trois de mes frères et sœurs étaient devenus protestants. Ils m’ont aidée et soutenue en me parlant de leur amour pour Jésus. J’ai vu leur vie transformée, ils étaient heureux. Mais je savais que je prendrais un chemin un peu différent, parce que j’avais connu Jésus à travers des Sœurs qui étaient catholiques. Ce fut un long chemin car je ne voulais pas que ma conversion soit une blessure pour mes parents. Aujourd’hui nous sommes plusieurs dans la famille à aimer Jésus et nous pouvons partager cette joie avec nos parents. C’est un vrai miracle.

Paul, 33 ans, baptisé enfant

A l’âge de 13 ans, j’ai perdu ma mère dans l’attentat du DC-10 UTA du 19 septembre 1989. Elle avait seulement 35 ans. Comment vivre après un tel événement ? Qui blâmer ? Pourquoi les terroristes ont-ils fait cela ? Pourquoi cette violence aveugle ?
C’est dans la prière et dans la foi que notre famille a trouvé le réconfort et la consolation nécessaires. J’ai fait l’expérience de l’amour de Dieu qui nous aide à pardonner et à vivre sans amertume ni colère. Ce que j’aime le plus dans ma relation avec le Christ, c’est son pouvoir de transformation. Comme la jeune fiancée qui attend avec impatience le jour de sa noce, j’attends avec impatience la célébration de ma confirmation. Je souhaite chaque jour de ma vie vivre en « Communion » avec les autres membres de l’Église dans la Parole de Dieu.

Nadine, 58 ans, baptisée depuis un an

N’ayant reçu aucune éducation religieuse par mes parents, j’ai reçu un appel, dès mes huit ans. Mes visites régulières à l’église voisine m’ont permis d’être touchée par l’amour de Jésus et Marie. J’ai confié à ma grand-mère mon désir d’être baptisée. Au bout d’une année de catéchisme, nous avons déménagé. Plus question de baptême. Pourtant, cette année d’instruction religieuse, donnée par les Sœurs de la Charité, m’a marquée à vie. Jésus Christ était dans mon cœur et je suis restée fidèle à cette affinité particulière. Je savais qu’un jour je serais baptisée.
Début 2007, deux décès successifs, dont un particulièrement violent, m’ont bouleversée. J’étais invitée sournoisement à plonger dans les ténèbres, la dépression. J’ai pris conscience de ma fragilité. En priant, j’ai été soutenue par ma foi en Jésus, qui ne m’avait jamais quittée depuis l’enfance. J’ai reçu une grâce de Dieu. La main du Ressuscité m’a relevée et m’a indiqué le chemin : je suis devenue catéchumène. J’ai été accompagnée, soutenue, instruite. Le jour de mon baptême a été celui de ma re-naissance. Depuis, je vis au quotidien, au plus profond de moi, le bonheur d’être chrétienne, membre du Corps du Christ, et de faire partie d’une communauté.

Caroline, 57 ans, baptisée cette année

Le Seigneur Dieu a dit : « N’aie pas peur, puisque je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom et tu es à moi. Si tu traverses les eaux, je serai avec toi, les fleuves ne t’engloutiront pas. Si tu marches à travers le feu, tu ne souffriras pas et les flammes ne te brûleront pas. » (Isaïe 43, 1-2) L’espérance nous libère du besoin de prévoir l’avenir et nous permet de vivre dans le présent, confiants que Dieu ne nous abandonnera jamais. Une année d’hésitation et deux années de catéchuménat m’ont fait vivre un chemin du ressentiment vers la reconnaissance, à travers le pardon et la gratitude. J’ai vécu ce temps en recevant la grâce du Seigneur qui me mouille comme la pluie du printemps.
Peu de temps avant mon baptême, j’ai compris le vrai sens de la communion eucharistique et mon cœur brûlait en moi : être pris, béni, rompu et partagé… J’ai perçu l’invitation à une vie eucharistique ; rompre avec le passé, accueillir la présence de Dieu en nous, vivre en lui, partager le Pain avec les frères et sœurs pour devenir un seul Corps avec le Seigneur, partir pour une mission confiée par Jésus Christ pour annoncer la Bonne Nouvelle. C’est ce que le Seigneur a souhaité que je comprenne avant de recevoir la vraie communion eucharistique. Le jour de mon baptême a été le plus beau moment de ma vie. Enfin, je suis arrivée à la terre promise avec la bénédiction du Seigneur. C’est un nouveau départ pour une nouvelle vie créée par notre Seigneur Jésus Christ, avec lui et en lui.
« Néophyte » : j’ai appris ce mot le jour de mon baptême. Comment mener la vie d’une nouvelle plante et m’enraciner dans la vie chrétienne ? Ma marraine et mes amies m’ont offert un livre pour m’aider à lire la Bible. En ouvrant la première page, j’ai trouvé la réponse à ma question dans la Parole du Seigneur qu’elles ont inscrite : « Être baptisé, ce n’est pas être purifié de souillures extérieures, mais s’engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ qui est monté au ciel. » (1 Pierre 3, 21-22). » Je tiens à remercier très sincèrement pour leur soutien et leurs encouragements les nombreuses personnes des paroisses Saint-Marc et Notre-Dame de Bon Secours qui m’ont accompagnée tout au long de mon cheminement de catéchuménat.

Témoignages recueillis par
Anne-Marie Boulongne,

déléguée diocésaine au catéchuménat