25 janvier 2004 : Journée mondiale des lépreux
Instituée par l’ONU en 1954 à l’initiative de Raoul Follereau (1903-1977),la journée mondiale des lépreux a lieu chaque année le dernier dimanche de janvier, avec des quêtes autorisées sur la voie publique. Dans cette perspective nous avons interrogé Luc Demoures, Président du Comité des Hauts-de-Seine de l’Association Française Raoul Follereau (AFRF).
EHS :Où en sommes nous dans le traitement de la lèpre ?
Luc Demoures : D’incontestables progrès ont été accomplis depuis 1981 avec la diffusion d’une polychimiothérapie (PCT) efficace. On estime avoir éliminé la lèpre dans 98 pays mais elle reste endémique dans 60 autres. Ce sont ceux qui connaissent les conditions économiques les plus difficiles. L’Organisation Mondiale de la Santé dénombre encore chaque année 700 000 nouveaux cas que, bien souvent, il est nécessaire d’aller diagnostiquer au sein de populations isolées et déshéritées. C’est pourquoi notre association privilégie l’aide aux services sanitaires et aux religieux qui vont au devant de malades qui ignorent tout de ce qui les menace. Dès la première dose de PCT, le risque de contagion est enrayé. La guérison survient après six à douze mois de traitement.
Peut-on envisager une vaccination ? Que disent les chercheurs à ce sujet ?
Le Professeur Stewart Cole de l’Institut Pasteur, avec le soutien de l’AFRF, est parvenu, en 2000, à effectuer le séquençage du génome du bacille de la lèpre. Ce résultat a ouvert beaucoup de nouvelles pistes, notamment pour améliorer les outils de dépistage de la maladie, ce qui aura un impact très fort sur sa dissémination. En revanche, si la mise au point d’un vaccin est scientifiquement envisageable, sa production et son exploitation industrielle apparaissent économiquement hors de portée. La lèpre, hélas, fait partie des maladies dites « orphelines » qui n’attirent pas beaucoup l’industrie pharmaceutique.
Qui coordonne l’action à travers le monde ?
La Fédération Internationale des Associations contre la Lèpre (ILEP), constituée à l’initiative de Raoul Follereau, a son siège à Londres. Dans ce cadre, notre association est en première ligne dans dix pays, en Afrique et à Madagascar. Elle apporte son concours à la demande d’autres organisations dans dix sept autres pays. L’Ordre de Malte, bien connu en France, est membre de l’ILEP par l’intermédiaire de son Comité International à Genève.
L’Inde et le Brésil sont les pays qui connaissent les cas les plus nombreux.
Parlez nous de votre action dans les Hauts-de-Seine.
L’organisation de la quête sur la voie publique mobilise chaque année plus de 1500 personnes. Nous avons toujours besoin de nouveaux bénévoles, qui peuvent nous joindre au numéro de téléphone indiqué ci-dessous. Sur l’ensemble du département, vingt cinq d’entre nous se mobilisent à longueur d’année pour préparer notre campagne annuelle et relayer l’information auprès de nos sympathisants et donateurs. En effet, depuis deux ans c’était nécessaire, l’association a revu totalement son système de communication avec les militants de base quant au choix des orientations et au contrôle de l’emploi des sommes confiées par les donateurs.
Auprès des jeunes, nous faisons des exposés dans de nombreux collèges, aumôneries, mouvements de guides et de scouts. En 2003, plus de 2000 d’entre eux nous ont entendus pour leur présenter Raoul Follereau et son combat en faveur de nos frères lépreux. C’est lui qui a dit « Sans l’amour rien n’est possible. Avec l’amour rien n’est impossible ».
Propos recueillis par Denis Marcé
Raoul Follereau
Article paru dans EHS n°297, Janvier 2004