
Je visite dans deux structures différentes :
- en institution (maison de retraite) et je fais partie de l’équipe d’aumônerie,
- à domicile : en foyer-logement et chez des particuliers ; à
ce titre, je fais partie de l’équipe de pastorale à domicile de
la paroisse.
Bien des personnes rencontrées éprouvent de la lassitude, de la
difficulté à accepter cette vie vieillissante, chargée
de nombreux handicaps et souvent monotone. Comment trouver
une parole de réconfort, comment les aider à trouver un sens à
leur vie, comment laisser un espace à Dieu dans leur quotidien, dans
leur vie si ordinaire ?
Avant d’aller visiter ces personnes, j’essaye de me nourrir de la Parole de
Dieu, d’invoquer l’Esprit Saint, de glaner des paroles riches de sens. Ainsi
un jour, ayant entendu une conférence sur Madeleine Delbrêl, le
mot "ordinaire" a revêtu un sens signifiant : "quand l’ordinaire
cesse d’être banal, il est revêtu de lumière, illuminé
de l’intérieur, Dieu y est présent." Cette découverte,
je l’ai partagée avec une personne malvoyante que je connais depuis longtemps.
Depuis, nos rencontres sont souvent ponctuées de méditations sur
des phrases simples de Madeleine Delbrêl, comme par exemple : "faire
de toutes petites choses pour Dieu nous le fait aimer autant que faire de grandes
choses"...
Avancer ensemble, à petits pas, avec les personnes
isolées du fait de leur âge ou de leur handicap, est pour nous,
les visiteurs, un chemin de conversion. Nous apprenons à contempler l’oeuvre
de Dieu en chacune des personnes visitées.
Françoise Jeay
Article paru dans EHS n°313 - Juillet 2005