Diocèse de Nanterre
voir la rubrique voir la rubrique voir la rubrique voir la rubrique voir la rubrique
Accueil > Agir et servir > Santé > Témoignages > Visiteuse à l’hôpital
Témoignages

 Visiteuse à l’hôpital
Icône de la résurrection du Christ, remise par les membres de l’équipe d’aumônerie de l’hôpital Foch aux patients visités. Yvette Métayer, 70 ans, paroissienne de Saint-Maurice de Bécon à Courbevoie, est membre de l’aumônerie de l’hôpital Foch à Suresnes.
Elle a côtoyé la maladie et la mort de près. A la suite d’une longue maladie, son mari est décédé il y a 5 ans. En 2000, elle a perdu son père, puis sa mère en 2003. Elle a donc beaucoup fréquenté les hôpitaux et vécu avec ses proches ses premières expériences d’accompagnement.
C’est surtout l’accompagnement de sa mère qui l’a conduite à l’aumônerie d’hôpital. Essayant d’apaiser ses derniers mois tant sur le plan affectif que spirituel, elle a pu mesurer l’importance de ces temps d’écoute et de soutien. Elle a rencontré d’autres malades, a eu de bons contacts avec les infirmières et s’est "sentie transformée" au contact de ces personnes.

Donner après avoir reçu

Petit à petit, l’idée lui est venue de s’investir dans ce service. Puis "l’idée s’est imposée à moi il y a un an, dit-elle, j’avais beaucoup reçu et je me sentais prête à donner. J’ai été appelée par le Seigneur et l’en remercie."
Yvette se rend deux jours par semaine à l’hôpital. Comme les autres membres de l’équipe, elle s’occupe de l’accueil (qui consiste à répondre au téléphone, recevoir les personnes, préparer la chapelle...) et des visites. Elle porte la communion aux malades qui le désirent, accompagne le père Jean-Emmanuel Gouze, responsable de l’aumônerie, lorsqu’il va donner le sacrement des malades. Chaque semaine a lieu une réunion des dix membres de l’équipe. "C’est un moment très important" qui permet de transmettre des nouvelles, de parler des cas particuliers, de donner son avis, de s’entraider, de "relire" ses rencontres... Un cahier de transmissions est rempli à la fin de chaque visite pour signaler les points importants concernant l’un ou l’autre malade.

Relativiser le quotidien

Quand on interroge Yvette sur ce que cette mission lui apporte, elle répond "beaucoup de sérénité dans ma vie quotidienne. J’apprends à relativiser". Et sur un plan spirituel, Yvette confie : "j’ai été obligée d’approfondir ma foi car je suis amenée à trouver pour les personnes souffrantes des paroles de foi, d’espérance et de charité. J’ai le sentiment d’être guidée par l’Esprit-Saint, il m’inspire les paroles de réconfort que je donne. Je n’avais jamais ressenti à ce point sa Présence à mes côtés auparavant". Elle ajoute qu’elle témoigne beaucoup plus facilement de sa foi, se sent plus libre d’en parler.

Gérer l’affectivité

Les membres de l’aumônerie sont très bien accueillis. Les échanges avec les malades, et aussi leur famille, sont souvent très riches, "mais je dois garder mes distances, ne pas me laisser prendre affectivement, précise Yvette. Je peux avoir beaucoup de compassion pour une personne mais mon aide n’est pas positive si je suis trop affective".
Et Yvette conclut : "Quand je suis à l’hôpital, je suis heureuse !".

Anne-France Aussedat
Article paru dans EHS n°313 - Juillet 2005

Code éthique des Aumôneries catholiques d’hôpitaux (extraits)

Nous croyons que Dieu parle au cÅ“ur de tout homme : dans toute expérience religieuse authentique, c’est Dieu lui-même qui se révèle et se donne dans le secret du cÅ“ur. [...]

Nous croyons que Dieu ne s’impose jamais, il n’agit que dans la liberté. Là où cette liberté n’est pas respectée, aucun cheminement religieux authentique n’est possible. Le prosélytisme [...] contrecarre l’action de Dieu et défigure son vrai visage. Il est un manque d’humilité et de confiance en Dieu et en l’homme. Nous le rejetons absolument.

Nous croyons que Dieu mène chacun selon des chemins différents. [...] Par la qualité de notre écoute, nous lui permettons de clarifier ce qu’il commence à entrevoir sans pouvoir saisir pleinement ce que Dieu murmure à son coeur. Le dialogue sincère et vrai possède ainsi une vertu divine : il crée l’espace de communion à travers lequel Dieu peut parler librement aux uns et aux autres.

Cet esprit de dialogue nous rend capables de rencontrer des hommes de toute religion avec un respect sincère et une profonde sympathie. Nous croyons que Dieu "ne fait pas de différence entre les personnes" (Ep 6,9), que nous sommes tous égaux devant lui. Nous n’avons pas la même manière de comprendre Dieu mais nos efforts pour le connaître et accomplir sa volonté sont les mêmes, et c’est cela que Dieu regarde. [...]